L’intervention du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, à l’Assemblée nationale n’a visiblement pas laissé indifférent l’honorable Christian Mwando. Le député de Moba a vivement critiqué le rapport présenté par le patron de l’organe de régulation des médias, le qualifiant sans détour de « discours militant ».
Visiblement exaspéré, l’élu du Tanganyika n’a pas mâché ses mots à l’endroit de Christian Bosembe :
« Il s’arroge le rôle de moraliste national, comme si la population ne savait plus faire la différence entre le bien et le mal. »
Christian Mwando va plus loin, accusant le président du CSAC de dérives autoritaires :
« Il se comporte comme le responsable de la Gestapo en RDC », a-t-il lancé, dans une allusion lourde de sens à la police politique du régime nazi.
Ces déclarations virulentes ont été faites dans la foulée de la présentation du rapport annuel du CSAC devant les élus nationaux. Un rapport que certains députés ont jugé trop orienté, voire condescendant, au lieu de faire un état des lieux technique et neutre de la régulation médiatique en République démocratique du Congo.
La sortie de Christian Mwando soulève une question centrale : jusqu’où le CSAC peut-il aller dans son rôle de régulation sans basculer dans une posture d’arbitre moral ou de censeur idéologique ? Pour l’instant, aucune réaction officielle de Christian Bosembe n’a été enregistrée face à ces critiques.
L’ambiance dans l’hémicycle, elle, reste électrique, preuve que le débat sur les libertés médiatiques et les limites de la régulation est loin d’être clos.


