Le juriste dénonce une connivence malsaine entre le pouvoir et l’autorité de régulation des médias, et appelle à une rupture ferme pour sauver ce qui reste de la démocratie congolaise.
Dans une déclaration aux accents de mise en garde solennelle, le juriste et militant des droits humains Tshombela est monté au créneau contre ce qu’il qualifie de dérive dangereuse du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Dans sa ligne de mire : son président, Christian Bosembe, accusé de « trahison institutionnelle » et de « servilité politique ».
Et de s’interroger, dans une formule incisive :
« Faut-il y voir un mensonge grave pour justifier ses excès ? Ou la preuve d’une connivence toxique entre pouvoir exécutif et autorité de régulation ? Dans les deux cas, la démocratie congolaise est prise en otage. »
Selon lui, le zèle affiché par le CSAC dans la répression des voix critiques n’a rien d’un acte de protection institutionnelle.
« Il ne protège en rien la présidence de Félix Tshisekedi. Il l’éclabousse. Il installe l’image d’un régime intolérant, fermé à la contradiction, méfiant de l’histoire », déclare Tshombela, soulignant le risque d’un isolement croissant du pouvoir face à une société civile de plus en plus méfiante.
Face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation flagrante du CSAC, Tshombela plaide pour une rupture nette et immédiate.
« Le CSAC doit être remis à sa place : celle d’une institution indépendante, au service de l’intérêt public et non d’un clan au pouvoir », lance-t-il.
Et de conclure sans détour :
« Christian Bosembe ne peut plus incarner une fonction qu’il trahit chaque jour. Sa révocation n’est plus un souhait, elle est une nécessité. »
Ce cri d’alarme intervient dans un contexte de crispation politique accrue, où les décisions du CSAC suscitent de plus en plus de suspicion quant à leur impartialité. Pour Tshombela, il en va désormais de la crédibilité même des institutions républicaines.


