Kinshasa renoue avec ses embouteillages habituels au lendemain de la ville morte

Au lendemain d’une journée de paralysie quasi-totale, la capitale congolaise a retrouvé ce jeudi son rythme effréné, avec des artères à nouveau engorgées par une circulation dense et chaotique.

La parenthèse de calme n’aura duré qu’une journée. Après la ville morte observée mercredi, qui avait offert aux Kinois des rues désertes et une respiration inédite, la capitale de la République démocratique du Congo a brutalement replongé, ce jeudi matin, dans ses légendaires embouteillages. Partout, le concert des klaxons a repris de plus belle, et les usagers de la route ont retrouvé leur calvaire quotidien.

Dès les premières heures de la matinée, les grands axes de la métropole étaient saturés. Sur le boulevard Lumumba, épine dorsale de la circulation entre le centre-ville et les communes de l’Est, les files de véhicules s’étiraient sur plusieurs kilomètres. Mêmes scènes d’engorgement sur l’avenue du 30 Juin, où camions, taxis, voitures particulières et motos-taxis se disputaient le moindre espace libre dans une cohue indescriptible.

Ce retour fracassant à la normale s’explique en partie par un effet de rattrapage massif. Commerçants, fonctionnaires, écoliers et travailleurs du secteur informel, tous ceux qui avaient reporté leurs déplacements la veille, se sont rués dans les rues presque simultanément. « C’est comme si toute la ville avait décidé de se déplacer au même moment », commente Jean-Paul, chauffeur de bus sur la ligne UPN-Zando. « On n’avance pas, on respire la poussière et les gaz d’échappement depuis 6 heures du matin. »

Les transports en commun, pris d’assaut, ne suffisaient pas à absorber le flot de passagers. Sur les arrêts de bus, des grappes de voyageurs attendaient désespérément un véhicule, souvent contraints de s’entasser dans des conditions de sécurité précaires. Les motos-taxis, omniprésentes, multipliaient les slaloms dangereux sur les trottoirs et les rares brèches de circulation, accentuant le chaos.

Pour de nombreux observateurs, cette journée illustre l’extrême fragilité de la mobilité urbaine à Kinshasa. « La ville morte agit comme un révélateur : elle montre que la moindre perturbation du rythme quotidien provoque un embouteillage monstre le jour suivant », explique l’urbaniste Marie-Thérèse Kanyinda. « Sans un véritable plan de fluidification et de diversification des modes de transport, ces situations vont se répéter. »

Du côté des forces de l’ordre, le dispositif de régulation est rapidement apparu dépassé. Aux carrefours stratégiques, les agents de la circulation tentaient tant bien que mal de démêler les nœuds de tôle, mais le rapport de force entre le nombre de véhicules et les effectifs déployés restait largement défavorable.

En fin de matinée, l’horizon ne laissait entrevoir aucune amélioration. Les embouteillages, qui rythment le quotidien de millions de Kinois, s’annonçaient pour durer jusqu’à la tombée de la nuit, rappelant à tous que la trêve de la ville morte n’était qu’un mirage dans une mégapole asphyxiée par sa propre expansion.

Cette semaine

RDC – Danemark en amical : « On regarde le match comme une finale », la ferveur à Kinshasa

À quelques heures du coup d’envoi du match amical...

Léopards de la RDC : un test grandeur nature face au Danemark avant le Mondial 2026

Les Léopards de la République démocratique du Congo abordent...

ACP : le secrétaire général Charles Mbutamuntu suspendu pour « haute trahison »

Une crise interne secoue l’Alliance des Congolais Progressistes (ACP)....

A ce jour

spot_img

article lié

Catégories Populaires

spot_img