RDC : l’épidémie de Bundibugyo dépasse les 1 000 cas suspects, 62 millions de dollars mobilisés pour des vaccins

Plus de 1 000 cas suspects du virus Bundibugyo, la souche d’Ebola actuellement en circulation, ont désormais été signalés en République démocratique du Congo, alors que l’épidémie s’étend à 22 zones sanitaires réparties dans trois provinces de l’est du pays. Malgré cette progression, des signes d’espoir émergent sur le terrain, portés par les guérisons, l’ouverture de nouvelles structures de soins et une mobilisation financière inédite pour le développement de vaccins expérimentaux.

Le foyer principal reste la province d’Ituri, où le ministère congolais de la Santé a enregistré 264 cas confirmés ou probables. C’est là que des patients guéris ont confié à l’Associated Press leur « joie indescriptible » de retrouver leurs proches, offrant un contrepoint humain à une crise sanitaire qui a longtemps évolué de manière discrète. Le virus Bundibugyo n’a en effet été formellement identifié que plusieurs semaines après l’apparition des premiers signaux.

Dimanche, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a inauguré un nouveau centre de traitement à Bunia, la capitale de l’Ituri. Lors de cette visite, il a rendu hommage à cinq professionnels de santé, survivants de la maladie, soulignant le risque élevé auquel sont exposés les soignants de première ligne.

Les autorités sanitaires congolaises ont rappelé les principaux défis à relever pour endiguer la flambée : détection précoce et isolement rapide des cas, recherche rigoureuse des contacts, organisation d’enterrements sûrs et dignes, ainsi que renforcement de la prévention et du contrôle des infections dans les établissements de santé. L’OMS s’emploie à appuyer ces efforts, mettant en avant l’acheminement récent de fournitures vers des centres de santé qui souffrent d’un grave manque de ressources.

Sur le front de la recherche, une annonce majeure est intervenue lundi : la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) s’est engagée à verser jusqu’à 62 millions de dollars pour accélérer la mise au point de trois vaccins expérimentaux ciblant le virus Bundibugyo. Ces candidats vaccins sont développés par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI), la société américaine Moderna et l’université d’Oxford. L’objectif est de disposer, dans les meilleurs délais, d’outils de prévention adaptés à cette souche particulière d’Ebola, longtemps restée orpheline en matière de vaccination.

Alors que l’épidémie continue de s’étendre dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de population, les nouvelles livraisons de matériel, l’ouverture du centre de Bunia et les investissements dans la recherche laissent entrevoir une riposte qui monte en puissance. Mais sur le terrain, le temps reste compté pour détecter et isoler rapidement chaque nouveau cas suspect.

Cette semaine

A ce jour

spot_img

article lié

Catégories Populaires

spot_img