Après des semaines de suspense et de tractations politiques, le président Félix Tshisekedi a dévoilé dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 juillet 2025 la composition de son nouveau gouvernement, baptisé Suminwa 2.
Surprise majeure : aucun membre de la plateforme Lamuka, proche de Martin Fayulu, n’y figure, alors même que l’opposant avait exprimé sa disponibilité à intégrer l’exécutif.
Le dialogue national, point de blocage
Selon des sources proches du dossier, Fayulu aurait conditionné sa participation à la mise en place d’un dialogue national inclusif sous l’égide de l’Église catholique et protestante, reprenant le concept de « pacte social pour la paix » porté par la CENCO et l’Église du Christ au Congo. Une exigence que le Chef de l’État n’a pas retenue, ne s’étant jamais engagé sur ce terrain.
Pour rappel, les deux leaders politiques s’étaient rencontrés le 5 juin dernier. À l’issue de cet entretien, Fayulu avait déclaré rejoindre le « Camp de la Patrie ». Un mois plus tard, le voici totalement absent de l’équipe gouvernementale, laissant planer des interrogations sur l’avenir de ses relations avec le Président.
Une équipe élargie et diversifiée
Le gouvernement Suminwa 2 se distingue par un large éventail de profils, répartis entre vice-Premiers ministres, ministres d’État, ministres, ministres délégués et vice-ministres.
Vice-Premiers ministres
- Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières : Jacquemain Shabani
- Transports et Voies de communication : Jean-Pierre Bemba
- Défense nationale et Anciens combattants : Guy Kabombo Mwadimvita
- Économie nationale : Daniel Mukoko Samba
- Budget : Adolphe Muzito
- Fonction publique, Modernisation de l’administration et Innovation : Jean-Pierre Lihau
Ministres d’État
Guylain Nyembo (Plan), Thérèse Kayikwamba (Affaires étrangères), Muhindo Nzangi (Agriculture), Aimé Boji (Industrie), Ève Bazaiba (Affaires sociales), Guillaume Ngefa (Justice), Acacia Bandubola (Hydrocarbures), Raïssa Malu (Éducation nationale), Marc Ekila (Formation professionnelle), Alexis Gisaro (Urbanisme), Grégoire Mutshail (Développement rural), Guy Loando (Relations avec le Parlement).
Ministres
Parmi eux : Doudou Fwamba (Finances), Samuel-Roger Kamba (Santé), Julien Paluku (Commerce extérieur), Marie Niangé Ndambo (Environnement), John Banza (Infrastructures), Marie-Thérèse Sombo (ESU et Recherche), Ferdinand Massamba (Emploi), José Panda Kabangu (PTNTIC), Augustin Kibasa (Économie numérique), Louis Kabamba Watum (Mines), Aimé Molendo Sakombi (Ressources hydrauliques), Patrick Muyaya (Communication), Justin Kalumba (Entrepreneuriat), Didier Manzenga (Tourisme), Didier Budimbu (Sports et Loisirs), Micheline Ombahe Kalama (Genre), Grâce Emi Kutinho (Jeunesse).
Ministres délégués
Crispin Mbadu Panzu (Francophonie et Diaspora), Arlette Bahati Tito (Nouvelle économie durable et Climat), Angel Bangasa Yogo (Politique de la ville), Irène Esambo (Personnes vivant avec handicap), Eliezer Tambwe (Anciens combattants).
Vice-ministres
Élysée Bokumwana (Budget), Eugénie Tshela Kamba (Intérieur), Noëlla Ayeganato (Affaires étrangères), Gracia Yamba Kazadi (Finances), Théodore Kazadi Muyahila (Éducation nationale), Mwami Ndeze Katurebe Jean-Baptiste (Affaires coutumières).
En toile de fond : un message politique fort
L’absence de Lamuka envoie un signal clair : Félix Tshisekedi ne semble pas prêt à conditionner ses choix à des exigences préalables, même venant d’opposants ayant manifesté une volonté de rapprochement. Reste à savoir si cette configuration favorisera l’unité ou accentuera les clivages politiques à l’approche des prochaines échéances.


