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RDC : Refonte sécuritaire à tous les étages – Félix Tshisekedi nomme une nouvelle génération de commandants de la police et remanie les hauts gradés

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En pleine tempête sécuritaire à l’Est et après un vaste remaniement de l’armée fin 2024, le président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, poursuit sa quête d’efficacité dans les forces de sécurité. Dans une série d’ordonnances signées le 28 mars et rendues publiques le 2 avril 2025, le chef de l’État a procédé à une vaste réorganisation de la Police nationale congolaise (PNC), nommant de nouveaux commissaires provinciaux dans les 26 provinces du pays, et attribuant d’importantes responsabilités dans des unités sensibles.

Israël Kantu quitte Kinshasa, Blaise Kilimbalimba atterrit dans le Haut-Katanga

Parmi les changements les plus remarqués, le commissaire divisionnaire Israël Kantu Bankulu cède son fauteuil de commandant de la PNC à Kinshasa au profit de Blaise Kilimbalimba. Ce dernier, précédemment adjoint, est affecté dans la province stratégique du Haut-Katanga. Il succède à Dieudonné Odimba, lui aussi reclassé.

À Kinshasa, désormais, c’est Israël Kantu Bankulu qui prend la direction de la province du Kongo Central. Un jeu de chaises musicales qui reflète la volonté présidentielle d’insuffler du sang neuf dans l’appareil sécuritaire.

Sylvano Kasongo et Flore Mandembe changent de terrain

L’ancien patron emblématique de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo Kitenge, continue sa mission dans l’intérieur du pays : après un passage au Kasaï, il est désormais affecté au Bas-Uélé. Il est remplacé au Kasaï par Henry Kapend.

Dans le Sud-Kivu, malgré l’instabilité chronique et la présence rebelle dans certaines zones, la PNC connaît aussi une nouvelle tête : Flore Mandembe prendra ses fonctions à Uvira, dans une zone encore sous administration régulière. Dans le Nord-Kivu, c’est Dieudonné Makambo qui prendra ses quartiers à Beni, région encore accessible hors contrôle du M23.

Nominations en cascade dans toutes les provinces

Parmi les autres affectations notables :

  • Équateur : Cariel Kisak
  • Haut-Uélé : Roger Isiyo Itenasinga
  • Haut-Lomami : François Kabeya
  • Ituri : Sébastien Ebwa
  • Kasaï Central : Elvis Palanga
  • Kasaï Oriental : André Mbombo
  • Kwango : Narcisse Muteb
  • Kwilu : Angel Yangbonga
  • Lomami : Thadée Nzala
  • Lualaba : Albert Amisi
  • Maï-Ndombe : Padhes Murhula
  • Maniema : Léon Basa
  • Nord-Ubangi : Christian Nkongolo
  • Sud-Ubangi : Wasongolua Ngana
  • Sankuru : Job Alisa
  • Tanganyika : John Kabwine
  • Tshopo : Kabeya Magnat
  • Tshuapa : Jean Yav
  • Mongala : Francis Lukesu

Restructuration des unités stratégiques

Outre les commissariats provinciaux, plusieurs unités de la PNC ont aussi été réorganisées. Ngoy Sengolakio devient le nouveau commandant de l’Unité de protection des hautes personnalités (UPHP), un service ultra-sensible.

Le commissaire divisionnaire Elias Tshibangu Tumbila prend le poste d’Inspecteur général adjoint de la PNC, tandis que le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekukayi Mwakadi est nommé commissaire général adjoint chargé de la Police judiciaire. Jean-Félix Safari prend les rênes de la Légion nationale d’intervention (LENI).

La haute hiérarchie reste dirigée par le commissaire divisionnaire principal Benjamin Alongaboni, en poste depuis 2023 après le départ à la retraite de Dieudonné Amuli.

Après la police, l’armée avait déjà été retouchée

Ces nominations interviennent quelques mois après un remaniement majeur au sein des FARDC. En décembre 2024, le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha avait quitté ses fonctions de chef d’état-major général, remplacé par le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe.

Tshiwewe, malgré une ascension fulgurante sous Tshisekedi, laisse derrière lui un bilan mitigé, notamment marqué par l’offensive du M23 appuyée par Kigali. Il devient désormais conseiller militaire du président de la République.

Doublement des salaires, mais discipline encore en souffrance

Si le chef de l’État a récemment doublé les salaires des policiers et militaires, la discipline, la formation et la capacité de projection des forces de l’ordre posent toujours problème. Des changements structurels suffiront-ils à ramener l’autorité de l’État dans les zones en conflit ? Le pari reste ouvert.

Mais une chose est claire : Félix Tshisekedi a enclenché une dynamique de réforme sécuritaire tous azimuts. Il faudra désormais des résultats tangibles sur le terrain.

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