Les consultations lancées par le conseiller du président Félix Tshisekedi en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale se heurtent déjà à un refus catégorique. Ce dimanche, le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a clairement signifié qu’il ne se sentait pas concerné par cette initiative.
Le rejet d’Ensemble pour la République
C’est par la voix de son porte-parole, Hervé Diakiese, que le parti katumbiste a officialisé sa position. Sur X (ex-Twitter), il a rappelé que leur ligne politique reste alignée sur le dernier communiqué de Moïse Katumbi. Selon lui, les seules véritables consultations en vue d’un consensus national sont celles menées par les évêques de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC).
« Se référant au dernier communiqué du Président Moïse Katumbi, Ensemble pour la République soutient pleinement l’initiative des consultations des Évêques de la CENCO et de l’ECC. Ces autorités ont su prendre langue avec toutes les parties prenantes, tant l’opposition armée que non armée ; tant l’opposition extra-institutionnelle que celle qui a intégré les institutions délibératives », a déclaré Hervé Diakiese.
Une démarche soutenue par la communauté internationale
Le camp Katumbi met également en avant l’appui des partenaires internationaux à la démarche des évêques. Il cite notamment le président français Emmanuel Macron et les autorités belges, qui auraient encouragé ce cadre de discussion. À leurs yeux, ces consultations religieuses constituent le seul processus crédible pour parvenir à une véritable unité nationale.
« On ne peut pas commencer par un gouvernement sans unité nationale »
Ensemble pour la République ne cache pas son scepticisme face à la démarche initiée par le pouvoir en place. Selon Hervé Diakiese, il ne s’agit que d’une manœuvre parallèle sans véritable portée.
« En ce moment crucial de l’histoire de notre pays, l’heure est à la responsabilité et non à la mise en place des mécanismes parallèles stériles. On ne peut commencer par un gouvernement d’union nationale, sans avoir, au préalable, organisé l’unité nationale. »
Katumbi ferme la porte aux discussions de Tshisekedi
Ce refus marque une nouvelle ligne de fracture dans le paysage politique congolais. En s’opposant aux consultations initiées par le conseiller du président Tshisekedi, Moïse Katumbi et Ensemble pour la République envoient un message clair : ils ne cautionneront pas une union nationale dictée par le pouvoir en place.
À quoi ressemblera ce gouvernement si l’un des principaux leaders de l’opposition refuse d’y prendre part ? Félix Tshisekedi tentera-t-il de forcer la main à certains acteurs politiques ? L’unité nationale est-elle encore possible dans ce climat de méfiance ? Affaire à suivre.