Tension politique à Kinshasa : Jean-Marc Kabund appelle à une « ville morte » contre le projet de changement constitutionnel

Kinshasa, lundi 1er juin 2026 – À la veille de la journée « ville morte » décrétée par la coalition de l’opposition C64, le ton monte dans la capitale congolaise. Le président de l’Alliance pour le changement (A.ch), Jean-Marc Kabund, a lancé ce lundi un vibrant appel à la population kinoise, l’exhortant à opposer un refus catégorique au projet de révision constitutionnelle porté par le régime du Président Félix-Antoine Tshisekedi.

Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien député national a dénoncé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel », affirmant que la volonté de toucher à la loi fondamentale de 2006 ne vise nullement le bien-être des Congolais. « Félix Tshisekedi veut changer la Constitution non pour améliorer vos conditions de vie, mais pour s’ouvrir la voie à un pouvoir sans limite et confisquer notre démocratie », a-t-il martelé.

Le leader de l’A.ch, qui assume le rôle de fer de lance au sein du regroupement C64, a reconnu la dureté du quotidien dans une mégapole où chaque jour représente une lutte pour la survie. Il a néanmoins invité les Kinoises et les Kinois à transformer cette précarité en force de résistance pacifique. « Conscients de notre devoir patriotique, nous, C64, vous appelons à observer la journée “ville morte” ce mercredi 03 juin 2026. Puisez dans votre courage et votre patriotisme pour rester chez vous et dire clairement : NON au coup d’État constitutionnel », écrit-il.

L’initiative de l’opposition, qui entend paralyser les activités économiques et administratives de la capitale, intervient dans un climat politique déjà échauffé. Face à cette première démonstration de force de la mouvance anti-révision, un contre-mouvement s’organise. L’Église de Réveil a d’ores et déjà annoncé une marche de soutien au changement constitutionnel, prévue ce vendredi 5 juin dans les artères de Kinshasa. Ses responsables entendent démontrer à la population les failles et les écueils de l’actuelle loi fondamentale, promulguée en février 2006 sous la présidence de Joseph Kabila.

Alors que les autorités provinciales appellent au calme et au respect de l’ordre public, ce bras de fer par journées interposées promet de mettre la ville de Kinshasa à l’épreuve, entre injonctions à la désobéissance civile et mobilisations de soutien au pouvoir en place.

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