Stade des Martyrs : Prince Epenge dénonce un lieu “pourri” et “abandonné”

C’est une visite qui n’a laissé personne indifférent. Après s’être rendu au Stade des Martyrs, Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, a livré un constat sans appel : l’enceinte mythique de la capitale congolaise est dans un état de délabrement avancé. Et pour lui, cette dégradation va bien au-delà d’un simple problème d’entretien — elle symbolise, selon ses mots, “l’effondrement général du pays”.

“Une véritable poubelle”

“Jamais un édifice public n’a été aussi sale, pourri, crassé. C’est devenu une véritable poubelle”, a lancé Prince Epenge avec colère, visiblement choqué par ce qu’il a vu sur place. Selon lui, les alentours du stade sont envahis de poussière, de détritus, de petits animaux errants — et de jeunes livrés à eux-mêmes, errant dans un décor de désœuvrement.

À l’intérieur, le tableau n’est guère plus reluisant. Le terrain principal donnerait, selon ses propos, l’impression d’une “savane” où la visibilité au-delà de 100 mètres devient un exploit. “On ne sait même pas si on est dans une enceinte sportive ou dans un champ abandonné”, ironise-t-il, amèrement.

Une critique implicite de la campagne “Visit Congo”

Mais au-delà de la critique de l’état du stade, Prince Epenge vise également la politique de communication du gouvernement. Il s’interroge notamment sur la cohérence de la campagne “Visit Congo”, récemment annoncée comme vitrine touristique internationale via un partenariat envisagé avec l’AS Monaco.

“Les touristes viendront visiter quoi, exactement ? Des stades en ruine ? Des infrastructures à l’abandon ?” interroge-t-il, en appelant à un sursaut de réalisme. Pour lui, il est absurde de vouloir vendre une image de rêve à l’extérieur, alors que les symboles mêmes du pays tombent en ruine.

Un appel au réveil

Le Stade des Martyrs n’est pas n’importe quel lieu. Inauguré en 1994, c’est le plus grand complexe sportif de la RDC, souvent présenté comme un emblème national. Aujourd’hui, il semble devenu le miroir d’un pays qui peine à entretenir ses propres piliers.

“Ce n’est pas juste une pelouse mal tondue. C’est toute une vision du pays qu’on abandonne avec ces lieux,” conclut Prince Epenge. Son cri d’alarme résonne comme un appel à revoir les priorités : avant de séduire le monde, il faudrait peut-être commencer par se regarder en face.

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