Kinshasa ne se trompe plus.
Derrière les discours sur la “nécessité d’ouvrir le débat constitutionnel”, une réalité s’impose peu à peu : la volonté de préparer l’opinion à un éventuel troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.
On tente de maquiller une ambition politique en réflexion juridique.
On parle d’“adapter la Constitution”, alors que la disposition limitant le nombre de mandats à deux est claire, sans ambiguïté et verrouillée pour éviter justement toute dérive.
Pourquoi alors vouloir rouvrir ce débat ?
Officiellement, il s’agit d’une évolution normale des institutions. Officieusement, beaucoup y voient une stratégie bien connue en Afrique : commencer par banaliser la discussion, puis diviser l’opinion, avant de justifier l’injustifiable.
L’histoire récente du continent est pourtant sans appel.
Chaque fois que la question du troisième mandat surgit, elle s’accompagne de tensions, de fractures sociales et parfois de crises majeures.
En RDC, le peuple a déjà payé le prix des manipulations constitutionnelles.
Revenir sur ce terrain, c’est jouer avec le feu.
Le plus inquiétant n’est pas seulement la volonté de certains acteurs politiques.
C’est le silence, parfois complice, d’une partie des élites censées défendre l’ordre constitutionnel.
Car il ne s’agit pas ici d’un simple débat académique.
Il s’agit du respect d’un principe fondamental : l’alternance démocratique.
Toucher à la limitation des mandats, c’est fragiliser l’un des rares garde-fous contre la confiscation du pouvoir.
Le peuple congolais mérite mieux que des calculs politiques déguisés.
Il mérite le respect de sa Constitution.




