Une vingtaine de personnes ont accompagné, ce mardi matin, Mardochée Nsele Minga jusqu’au Palais du Peuple, siège du Parlement, pour le dépôt officiel d’une pétition citoyenne réclamant l’ouverture d’un débat national sur la réforme constitutionnelle. Forte d’environ 100 000 signatures collectées sur l’ensemble du territoire national, cette initiative se veut un signal fort adressé aux institutions de la République.
Président du parti Nouvelle Génération du Congo (NGC) et concepteur du postulat « Félix Tshisekedi pour une mission et non pour un mandat », Mardochée Nsele Minga entend ainsi peser dans le débat déjà brûlant autour d’une éventuelle modification de la loi fondamentale. À la sortie de la salle des pas perdus, il a déclaré vouloir « rendre la parole au peuple » et « dépasser les polémiques stériles qui empêchent le pays de se doter de règles modernisées, adaptées aux réalités congolaises ».
La pétition, présentée sous forme de cartons d’archives contenant les listes d’émargement, a été réceptionnée par le cabinet du président de l’Assemblée nationale. Les signataires, venus selon les organisateurs des 26 provinces, demandent solennellement que les deux chambres inscrivent sans délai à leur ordre du jour le principe d’une révision constitutionnelle partielle ou totale. Pour Mardochée Nsele, l’actuelle Constitution, héritée du processus de pacification du début des années 2000, serait devenue un « carcan » qui entraverait l’action du Chef de l’État. « Le Président Tshisekedi a reçu une mission historique de transformation du pays. Il lui faut des outils institutionnels conformes à cette mission. Un nouveau pacte constitutionnel est indispensable pour libérer les énergies et rompre avec l’instabilité chronique », a-t-il martelé devant quelques journalistes.
Ce dépôt intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Depuis plusieurs semaines, le camp présidentiel multiplie les prises de position en faveur d’une nouvelle Constitution, tandis que l’opposition et une frange de la société civile dénoncent un projet de « passage en force » visant à permettre un troisième mandat ou à affaiblir les contre-pouvoirs. Des figures religieuses et politiques, telles que l’évêque Pascal Mukuna, se sont déjà retrouvées sous le feu des critiques pour leur soutien affiché à cette refonte, jugé peu éclairé par des commentateurs comme Mills Tshibangu.
La démarche de la Nouvelle Génération du Congo, moulée dans le concept « mission et non mandat », se positionne ainsi comme un aiguillon loyaliste mais pressant à l’égard du Chef de l’État. « Nous ne faisons pas de la figuration. Ces 100 000 Congolais ne sont pas des militants fantômes. Ils sont la preuve que le débat constitutionnel n’est pas un caprice de politiciens, mais une aspiration populaire », a insisté Mardochée Nsele Minga.




