RDC : Le Gouvernement déterminé à transformer les provinces en espaces de paix durable


Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé sa volonté de faire des provinces congolaises de véritables espaces de paix, de résilience et de gouvernance apaisée. Cette position a été exprimée lundi par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, lors du lancement officiel des Conversations sur la gouvernance provinciale et locale pour la prévention de l’extrémisme violent, ouvertes à Kinshasa.

Selon Jacquemain Shabani, ces assises s’inscrivent dans une vision claire : replacer la gouvernance au cœur de la prévention et bâtir des réponses concrètes face aux menaces sécuritaires qui continuent d’affecter plusieurs régions du pays.

« Notre objectif n’est pas seulement de comprendre les causes de l’extrémisme violent, mais de construire ensemble des réponses institutionnelles, communautaires et humaines. L’extrémisme ne s’installe jamais là où l’État renforce son autorité, la justice et se rapproche de ses populations », a déclaré le Vice-Premier ministre.

Des provinces fragilisées mais résilientes

Le numéro un de l’Intérieur a dressé un tableau sans complaisance des défis sécuritaires auxquels fait face la RDC.
Outre l’Est du pays, en proie depuis plus de trois décennies à des groupes armés, les provinces du Mai-Ndombe, du Kwilu, du Kwango, du Kasaï et du Kasaï Central connaissent à leur tour des tensions communautaires inquiétantes.
Même la capitale Kinshasa n’est plus épargnée, avec la montée du banditisme urbain, a-t-il souligné.

« En nous réunissant ici, nous affirmons une vision préventive et anticipative : apprendre des drames de l’Est pour éviter leur reproduction à l’Ouest », a martelé Jacquemain Shabani.

Pour lui, l’extrémisme violent trouve son terrain fertile là où la gouvernance est affaiblie, où les institutions sont absentes et où les frustrations sociales se transforment en colère puis en violence.

Un appel à la responsabilité collective

Le Vice-Premier ministre a appelé les gouverneurs de provinces, les ministres provinciaux, les administrateurs de territoire, les structures étatiques, la société civile, les communautés et le secteur privé à s’impliquer activement dans la consolidation de la paix.

« La sécurité est une affaire de tous, et la paix se construit à plusieurs », a-t-il rappelé, avant d’inviter les autorités locales à renforcer leurs administrations, à écouter leurs populations et à investir dans la cohésion communautaire.

Un engagement soutenu par les partenaires

Présent à la cérémonie, Joseph Oji, représentant pays adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a salué l’initiative du gouvernement congolais.
Il a souligné que depuis plus de deux décennies, la RDC est confrontée à des cycles de violences complexes, exacerbés par des inégalités socio-économiques, l’exclusion et le manque de perspectives pour les jeunes.

« La prévention exige une compréhension fine des facteurs qui nourrissent la violence et de l’environnement dans lequel elle se développe. Agir en amont est un impératif », a-t-il expliqué.

Kinshasa, symbole de paix et de cohésion

En accueillant ces assises, la ville de Kinshasa marque son engagement dans la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, axée sur la paix, la cohésion nationale et le développement équitable des provinces.

Le Gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, a réitéré le soutien de la capitale à cette démarche nationale :

« En abritant cette rencontre, Kinshasa s’associe pleinement à la vision du Chef de l’État qui place la paix et la gouvernance locale au centre du développement. »

Une plateforme de dialogue nationale

Ces Conversations sur la gouvernance provinciale et locale, prévues du 3 au 6 novembre 2025, réunissent pour la première fois :

  • Les gouverneurs et ministres provinciaux de l’Intérieur et du Plan,
  • Les administrateurs de territoire,
  • Les structures spécialisées du gouvernement central,
  • Les partenaires techniques et financiers,
  • Les universités, la société civile et les organisations de jeunesse.

Avec l’appui du Senarec et du PNUD, ces travaux visent à dégager des pistes concrètes de gouvernance locale, fondées sur la prévention, la participation citoyenne et le renforcement de la confiance entre dirigeants et populations.

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