Kinshasa — Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé plusieurs sujets d’actualité nationale, notamment la situation sécuritaire dans l’est du pays, l’organisation du prochain scrutin présidentiel et la question d’une éventuelle révision constitutionnelle.
Liberté de la presse et lutte contre la désinformation
En ouverture de son intervention, le chef de l’État a rendu hommage aux journalistes opérant dans les zones de conflit. « La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée par le pouvoir. Elle est une exigence démocratique », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs alerté sur les risques liés à la désinformation, soulignant que « la guerre ne se mène pas seulement par les armes », mais également par « la propagande et les images fabriquées ».
Conflit dans l’est et calendrier électoral
Le président s’est ensuite exprimé sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, contrôle une partie importante du territoire. Début mars, les forces armées rwandaises ont fait l’objet de sanctions des États-Unis en raison de leur appui au M23 et de leur présence en territoire congolais.
Interrogé sur la tenue du scrutin présidentiel prévu en 2028, Félix Tshisekedi a indiqué :
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028. »
Il a précisé que les élections ne seraient pas organisées sans la participation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tout en assurant qu’un éventuel report ne résulterait pas d’un refus de sa part. Selon lui, la « guerre [a été] imposée » au pays par le Rwanda voisin.
Question d’un troisième mandat
Au pouvoir depuis 2019 et réélu en 2023, Félix Tshisekedi, 62 ans, doit théoriquement quitter ses fonctions au terme de son second mandat en 2028. La Constitution congolaise limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Sur ce point, le chef de l’État a déclaré :
« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis : si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai. »
Il a ajouté que toute modification constitutionnelle ne pourrait intervenir « sans consulter la population (…) c’est-à-dire par référendum ».
Cadre constitutionnel et réactions de l’opposition
Selon le droit congolais, toute révision de la Constitution doit être approuvée par référendum sur convocation du président, ou bien adoptée par le parlement à la majorité des trois cinquièmes. L’Union sacrée, coalition soutenant le chef de l’État, dispose d’une large majorité au sein des assemblées.
Depuis 2024, l’opposition, fragilisée par plusieurs revers électoraux, accuse le président de chercher à se maintenir au pouvoir. Elle qualifie toute tentative de modification de la Loi fondamentale de « coup d’État constitutionnel ».




