Kinshasa, 2 juin 2026 – À la veille de la journée « ville morte » décrétée par une frange de l’opposition congolaise, le gouvernement de la République démocratique du Congo affiche sa fermeté. Dans une note de service signée le 1er juin 2026, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, rappelle aux agents de l’État leur obligation de neutralité politique et de présence effective à leurs postes de travail.
Cette circulaire intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes autour de l’appel lancé par l’opposition en faveur d’une mobilisation nationale le mercredi 3 juin.
Une mise en garde directe aux fonctionnaires
Dans son document adressé aux secrétaires généraux, inspecteurs généraux, directeurs généraux et chefs de services de l’administration publique à Kinshasa, le ministre affirme avoir été informé de la circulation de tracts invitant les agents publics à participer à la journée ville morte.
Selon Jean-Pierre Lihau, cette mobilisation revêt un caractère politique et ne saurait justifier l’absence des fonctionnaires à leurs postes de travail.
Le ministre rappelle notamment que l’administration publique est, conformément à l’article 193 de la Constitution, « apolitique, neutre et impartiale » et qu’aucun agent ne peut détourner les institutions publiques à des fins partisanes.
Contrôles renforcés et menaces de sanctions
Au-delà du simple rappel réglementaire, la note de service annonce des mesures concrètes. Le ministère indique que des missions d’inspection seront déployées à partir du 2 juin dans les différents services publics afin de vérifier la présence effective des agents.
Les responsables administratifs sont également sommés de tenir rigoureusement les listes de présence et de transmettre les rapports d’absences conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Le document avertit explicitement que les cadres et agents qui s’absenteraient de leurs postes sans motif légal valable « ne pourraient s’en prendre qu’à eux-mêmes quant aux conséquences qui pourraient en découler ».
Une formulation interprétée par plusieurs observateurs comme une menace de sanctions disciplinaires à l’encontre des fonctionnaires qui répondraient à l’appel de l’opposition.
L’opposition dénonce une intimidation
Du côté de l’opposition, cette démarche est perçue comme une tentative d’intimidation visant à réduire l’impact de la mobilisation du 3 juin.
Certains acteurs politiques estiment que le gouvernement craint une forte adhésion populaire à l’opération ville morte et cherche à mobiliser l’appareil administratif pour limiter les effets de cette action citoyenne.
Pour eux, le rappel du principe d’apolitisme ne devrait pas être utilisé pour empêcher les agents publics d’exercer leurs libertés fondamentales en dehors du cadre de leurs fonctions.
Un bras de fer politique qui s’intensifie
Cette note de service confirme en tout cas la nervosité qui entoure la journée du 3 juin. Alors que l’opposition entend transformer cette mobilisation en démonstration de force contre le pouvoir, l’exécutif multiplie les messages appelant à la poursuite normale des activités.
Le gouvernement veut ainsi éviter un ralentissement significatif des services publics et préserver l’image d’un État fonctionnel. L’opposition, de son côté, espère faire de cette journée un signal fort de contestation populaire.
À quelques heures de l’échéance, la bataille se joue désormais autant sur le terrain politique que dans les administrations publiques, où chaque camp tente de convaincre les citoyens et les agents de l’État de rejoindre sa position.






