Au moment où les infrastructures du Kasaï Oriental suscitent débats, critiques et inquiétudes, une mission officielle du ministre national des Infrastructures, John Banza, semble marquer un tournant. Mais derrière les déclarations rassurantes, que révèle réellement la situation sur le terrain ?
Un ministre en mission d’inspection : “J’ai vu, j’ai entendu…”
Arrivé en début de semaine à Mbuji-Mayi, le ministre John Banza n’a pas caché sa volonté d’obtenir une vision claire des projets en cours.
« J’ai vu, j’ai entendu et je sais ce que je vais faire », a-t-il déclaré, un message ferme destiné autant aux autorités provinciales qu’aux entreprises impliquées.
Selon plusieurs sources administratives, cette visite intervient dans un climat tendu, marqué par des retards visibles dans plusieurs chantiers et une multiplication de critiques visant l’entreprise JMC, chargée d’importants travaux.

Une campagne de diabolisation ? Des accusations qui se contredisent
Depuis plusieurs semaines, des groupes locaux — selon certaines sources proches du dossier, “bien organisés” — multiplient les messages accusant JMC de mauvaise gestion, voire d’abandon de chantiers.
L’objectif de ces attaques reste flou : règlement de comptes politiques ? Concurrence entre entreprises ? Mécontentement de certains acteurs locaux ?
Interrogé, Jordan Tshiamala, coordonnateur provincial de JMC au Kasaï Oriental, parle d’une « campagne de diabolisation » montée de toutes pièces :
« Nous rejetons en bloc ces accusations qui relèvent d’un bestial nocturne, sans fondement et déconnecté de la réalité du terrain. »
Selon lui, une partie de ces critiques viserait à discréditer l’entreprise à un moment stratégique, alors que les inspections officielles s’intensifient.
Des travaux réalisés à 46 % : entre progrès et insuffisances
Documents internes consultés par plusieurs services techniques confirment que les travaux exécutés atteignent 46 %.
Un taux intermédiaire qui reflète à la fois :
- un travail déjà accompli,
- des défauts relevés lors de contrôles,
- et un retard difficile à ignorer.
Jordan Tshiamala reconnaît l’existence de certaines imperfections, mais assure que l’entreprise a reçu des instructions strictes pour corriger tous les défauts avant de relancer la seconde phase des travaux.
Il affirme également que JMC va renforcer son matériel, intensifier la logistique et augmenter le nombre d’équipes sur les chantiers.

Une entreprise au cœur de l’attention nationale
JMC, souvent décrite comme l’une des entreprises les plus solides du secteur, revendique un large portefeuille :
- génie civil et routes,
- construction métallique et générale,
- bureau d’études techniques,
- stabilité structurelle,
- projets clés en main,
- expertise en asphaltage et aménagement routier.
Plusieurs sources au sein du ministère affirment que malgré les polémiques, JMC reste considérée comme un acteur fiable, même si la pression politique et sociale nécessite désormais un “resserrement strict du contrôle”.
Quelles suites après la mission de John Banza ?
D’après nos informations, le ministre devrait transmettre un rapport confidentiel dans les prochains jours.
Plusieurs sources évoquent :
- des mesures correctives obligatoires,
- un suivi renforcé,
- et possiblement des changements dans la coordination locale des travaux.
La déclaration du ministre — “je sais ce que je vais faire” — laisse entendre que des décisions fortes sont attendues.
Entre attentes populaires et enjeux politiques
Au Kasaï Oriental, la population attend des routes praticables, des infrastructures fiables et des travaux visibles.
Mais au-delà des chantiers, c’est un autre terrain qui se joue : celui de l’image, de la confiance et de la gestion des rivalités locales.
L’enquête montre une chose : les infrastructures ne sont pas qu’une affaire de béton et d’asphalte.
Elles sont aussi le reflet d’un rapport de forces, d’intérêts divergents et d’une bataille de communication dont l’issue reste, pour l’instant, incertaine.




