La scène politico-administrative à Kinshasa s’est enflammée ces dernières heures après l’initiative du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qui a adressé une correspondance au gouverneur de la capitale pour diligenter un contrôle des finances publiques de la Ville-Province de Kinshasa.
Une démarche qui suscite de vifs débats sur le respect du cadre légal.
Le gouverneur Bumba accuse réception, mais rappelle la loi
Dans une réponse officielle, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, confirme avoir accusé réception de la lettre du VPM.
Cependant, le numéro un de la capitale rappelle, avec diplomatie mais fermeté, que tout contrôle doit s’effectuer dans le strict respect des procédures prévues par la législation en vigueur.
« Le contrôle souhaité ne peut être mené en dehors des prérogatives fixées par les textes », insiste le gouverneur, soulignant implicitement les limites du pouvoir de tutelle.
Des experts catégoriques : le VPM n’a pas compétence
Plusieurs spécialistes des finances publiques et de la gouvernance locale sont formels :
le Vice-Premier ministre de l’Intérieur « n’a pas la compétence légale pour diligenter un contrôle financier » sur la ville de Kinshasa.
Pour ces experts, Jacquemain Shabani empiéterait sur les prérogatives exclusives de deux institutions légalement habilitées à auditer les entités publiques :
- l’Inspection générale des finances (IGF)
- la Cour des comptes
« En RDC, seuls ces deux organes peuvent auditer une institution comme la Ville de Kinshasa », rappellent-ils.
Une démarche aux relents politiques ?
Certains analystes vont plus loin et estiment que le gouverneur Daniel Bumba pourrait être victime d’une initiative à connotation politique, plutôt que d’un contrôle institutionnel normal.
Selon eux, la correspondance du VPM de l’Intérieur soulève des interrogations sur la motivation réelle de cette initiative, dans un contexte où le débat sur les compétences des autorités de tutelle revient régulièrement sur la table.
Un bras de fer institutionnel en perspective ?
Alors que la controverse enfle, les regards sont désormais tournés vers la suite de ce dossier qui pourrait ouvrir un nouveau front dans les relations entre le ministère de l’Intérieur, les entités territoriales décentralisées et les organes de contrôle de l’État.
Pour l’heure, le gouverneur Bumba campe sur le terrain de la légalité, tandis que le VPM Shabani reste silencieux sur les critiques visant sa démarche.




