La prison centrale de Lodja, dans la province du Sankuru, a été le théâtre d’une évasion spectaculaire dans la soirée de dimanche. Douze détenus ont réussi à s’évader, tandis que trois autres ont été abattus par les forces de sécurité alors qu’ils tentaient également de prendre la fuite, selon des sources pénitentiaires.
Une évasion par la porte principale
D’après le directeur de la prison, Pascal Dimandja, les fugitifs ont forcé la porte principale avant de disparaître dans la nature. Il attribue cet incident au manque criant de personnel sécuritaire, soulignant que les effectifs actuels sont largement insuffisants pour contrôler un établissement de cette taille.
Des infrastructures délabrées
La société civile locale a rapidement réagi, dénonçant une situation récurrente. Albert Anyeme, acteur de la société civile, pointe du doigt l’état de délabrement avancé de cette prison :
« Tant que les infrastructures carcérales resteront dans un état aussi pitoyable, ce type d’incidents restera inévitable. Les autorités doivent agir et engager une réhabilitation urgente pour éviter d’autres drames. »
Des prisons en crise dans le Sankuru
La province du Sankuru n’est pas à son premier épisode d’instabilité carcérale. Les maisons d’arrêt y sont dans un état jugé critique, manquant non seulement d’entretien, mais aussi de moyens humains et financiers. Dans ce contexte, ce sont souvent des volontaires et des personnes de bonne volonté qui tentent d’apporter un soutien, insuffisant face à l’ampleur des défis.
L’évasion de Lodja relance le débat sur la nécessité d’une réforme en profondeur du système pénitentiaire congolais, particulièrement dans les provinces enclavées où les prisons se transforment de plus en plus en bombes à retardement.




