Dans une lettre ouverte rendue publique ce mercredi, les jeunes ressortissants du territoire d’Idiofa, dans la province du Kwilu, ont exprimé leur profonde indignation face à ce qu’ils qualifient d’injustice institutionnelle persistante. Depuis l’accession au pouvoir du président Félix Tshisekedi en 2019, leur territoire n’a jamais été représenté au sein du gouvernement central, une situation jugée discriminatoire et alarmante.
Un territoire oublié malgré les promesses de campagne
Signée par Madame Bitschi Francine Rebecca, cette lettre porte la voix d’une jeunesse désabusée, qui dit avoir été « bercée d’illusions » par les promesses électorales du chef de l’État. Les auteurs affirment que lors de la campagne présidentielle de 2023, Félix Tshisekedi aurait promis de « penser à Idiofa » et de s’impliquer personnellement dans le dossier de Delphin Kampay, un ressortissant du territoire encore détenu à la prison de Makala sans jugement définitif.
Plus de deux ans après, ces promesses seraient restées lettre morte. Résultat : un sentiment d’abandon généralisé, renforcé par l’absence de toute représentation d’Idiofa dans les institutions nationales.
Masimanimba surreprésenté, Idiofa marginalisé ?
Le contraste avec le territoire voisin de Masimanimba est frappant. Selon la lettre, ce dernier occupe à lui seul quatre portefeuilles ministériels, une situation qualifiée d’injuste et déséquilibrée, surtout au regard de la taille et de l’importance d’Idiofa, reconnu comme le deuxième plus vaste territoire du pays.
« Ce déséquilibre alimente les frustrations et accentue la marginalisation de notre territoire », dénoncent les jeunes. Ils pointent également la dégradation des services publics essentiels, tels que la santé, l’éducation ou encore les infrastructures, faute d’interlocuteurs influents au sein du gouvernement central.
Un appel à un sursaut présidentiel
Les signataires de la lettre appellent le président de la République à organiser une rencontre urgente avec les représentants de la jeunesse et des forces vives d’Idiofa. Objectif : discuter des mécanismes concrets pour corriger cette injustice et garantir une représentation équitable du territoire dans les institutions de la République.
« Nous ne pouvons accepter que notre territoire soit sacrifié sur l’autel des équilibres politiques », peut-on lire dans ce document à la tonalité ferme, mais respectueuse. Ils exigent une implication directe de la Présidence pour rétablir un minimum de justice territoriale.
Une plainte qui dépasse Idiofa ?
Cette sortie des jeunes d’Idiofa intervient dans un climat politique où les critiques sur la répartition des postes gouvernementaux se multiplient à travers le pays. De nombreuses voix dénoncent une gestion partiale du pouvoir, dominée par des considérations claniques ou partisanes, au détriment d’un équilibre territorial juste et républicain.
Le cri d’alerte venu d’Idiofa résonne donc comme le symptôme d’un malaise plus profond, que le gouvernement serait bien inspiré de prendre en compte avant qu’il ne dégénère en désaffection généralisée.




