La République démocratique du Congo (RDC) est secouée par une affaire qui menace de raviver les tensions ethniques et de fragiliser davantage un pays déjà meurtri par des conflits internes et externes. Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre chargé des Transports et voies de communication, se retrouve au cœur d’une polémique explosive.
Accusé de tenir des propos à connotation xénophobe et séparatiste lors de meetings publics à Kinshasa et en provinces, il fait face à une vague d’indignation sans précédent.
Le Panel d’experts de la société civile a même décidé de saisir la justice, dénonçant des discours de haine et de division incompatibles avec l’unité nationale prônée par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
Les accusations portées contre Jean-Pierre Bemba sont graves et potentiellement incendiaires. Il aurait affirmé que les Équatoriens étaient considérés comme des « sous-hommes » et devaient être écartés de la vie publique, tout en s’octroyant le droit d’attribuer ou de retirer la nationalité congolaise à certains compatriotes, allant jusqu’à désigner l’ancien président Joseph Kabila comme Rwandais d’origine.
Dans un pays où la question de la nationalité est une source de tensions explosives, de telles déclarations sont considérées comme une provocation dangereuse.
Les observateurs s’inquiètent de l’impact de ces propos sur la cohésion nationale, déjà mise à rude épreuve par l’agression rwandaise dans l’est du pays.
Face à cette situation, le Panel d’experts de la société civile a réagi avec fermeté, saisissant le procureur général près la Cour de cassation.
Ils rappellent que les discours de haine sont réprimés par la législation congolaise, notamment par l’ordonnance-loi n° 66-342 du 7 juin 1966, et demandent à la justice d’appliquer la loi avec la même rigueur que dans le cas du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, condamné en 2021 pour des propos similaires.
L’organisation souligne l’urgence d’agir pour prévenir la récidive et éviter des conséquences funestes sur la population.
Les déclarations de Jean-Pierre Bemba sont perçues par de nombreux observateurs comme une « bombe politique » qui risque de détourner l’attention de l’ennemi commun et d’attiser la discorde à l’interne.
Un ancien ministre sous Kabila alerte sur le fait que la cohésion nationale en RDC pourrait dépendre de la réponse de la justice à cette affaire.
La balle est désormais dans le camp du procureur général, qui devra décider d’ouvrir ou non une enquête sur ces accusations.
La justice saura-t-elle préserver l’unité nationale face à un discours jugé destructeur ?
La réponse à cette question déterminera l’avenir de la RDC.
David MUTEBA KADIMA/Les Points Saillants


