La Cour d’assises de Paris ouvre ce mercredi un procès historique : celui de Roger Lumbala Tshitenga, ancien chef rebelle et ex-ministre de la République démocratique du Congo, poursuivi pour crimes contre l’humanité. Il s’agit du premier procès fondé sur le principe de compétence universelle pour des crimes commis en RDC par un ressortissant congolais.
Roger Lumbala, âgé de 67 ans, est accusé d’avoir joué un rôle central dans des atrocités perpétrées entre 2002 et 2003dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Selon l’acte d’accusation, ces crimes incluent exécutions sommaires, actes de torture, viols, pillages, traitements inhumains et réduction en esclavage, y compris esclavage sexuel.
Les faits reprochés remontent à la période où Lumbala dirigeait le Rassemblement congolais pour la démocratie – National (RCD-National), un groupe armé soutenu par l’Ouganda, opposé au gouvernement congolais de l’époque. Ce mouvement aurait participé à l’opération dite « Effacer le tableau », menée entre octobre 2002 et janvier 2003, dans la région de Beni, dans l’est du pays, une zone convoitée pour ses richesses minières.
Arrêté à Paris en décembre 2020, Roger Lumbala a été inculpé en novembre 2023 sur la base du principe de compétence universelle, qui permet à un État de poursuivre les auteurs présumés de crimes graves — tels que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ou le génocide — quel que soit le lieu où ils ont été commis.
Ce procès est perçu par plusieurs organisations de défense des droits humains comme une avancée majeure pour la justice internationale, mais aussi comme un rappel douloureux de l’impunité persistante en RDC. Depuis plus de trois décennies, le pays reste marqué par des conflits armés meurtriers ayant causé plus d’un million de morts et de multiples violations graves des droits humains.
Pour de nombreuses victimes, cette audience symbolise l’espoir d’une justice longtemps attendue. Des associations appellent les autres États à renforcer la coopération judiciaire et à poursuivre, à leur tour, les responsables de crimes graves commis en RDC, afin de briser le cycle de la violence et de l’impunité.
« Ce procès est une victoire pour les survivants, mais aussi un message fort : les crimes commis en RDC ne resteront pas impunis », a déclaré une source proche du dossier.




