Depuis le week-end dernier, le franc congolais connaît une embellie notable sur le marché de change. La devise nationale s’échange désormais autour de 2.739 FC le dollar américain, contre 2.850 FC depuis plus d’une année.
Lors de la réunion du Comité de conjoncture économique tenue le lundi 23 septembre sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, trois sujets majeurs ont été abordés : la stabilisation du franc congolais, la sécurisation des dépôts bancaires et la maîtrise de la masse salariale.
Une appréciation due à une coordination gouvernement-BCC
Rendant compte de la réunion, le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a salué « une amélioration notable du marché de change au cours des derniers jours ». Selon lui, cette tendance positive n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une coordination étroite entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et le Gouvernement.
« La Banque Centrale a procédé à un ajustement du niveau des réserves obligatoires tandis que le Gouvernement a poursuivi un resserrement budgétaire, notamment par une meilleure gestion des échéances fiscales. Cette synergie a permis au franc congolais de se raffermir. L’objectif est de poursuivre sur cette lancée afin que le taux de change atteigne un niveau compatible avec l’activité économique », a expliqué le VPM.
Cette stabilisation, a-t-il ajouté, vise à renforcer la confiance des acteurs économiques et à protéger le pouvoir d’achat des ménages.
Sécurisation des dépôts bancaires
Le deuxième axe de la réunion a porté sur la protection des dépôts bancaires, alors que les opérateurs économiques s’inquiètent des saisies effectuées par certaines institutions de l’État ou par la justice sur les comptes des grandes entreprises.
« Ce phénomène crée une éviction financière : les fonds qui devraient être déposés dans les banques sont mis à l’écart par crainte de saisies. Dans les prochaines semaines, des mesures seront annoncées pour rassurer les opérateurs économiques et restaurer la confiance dans le système bancaire », a précisé Daniel Mukoko Samba.
Ces dispositions auront pour but de renforcer la liquidité bancaire et de stimuler l’investissement productif dans les secteurs stratégiques.
Une vigilance sur la masse salariale
Troisième point abordé : la maîtrise de la masse salariale, jugée très élevée par rapport aux recettes fiscales et susceptible de menacer la soutenabilité budgétaire.
Le VPM de l’Économie a averti : « Si la masse salariale continue de croître sans contrôle, l’essentiel des recettes publiques sera absorbé par le paiement des salaires au détriment des investissements en infrastructures et du développement. Des actions courageuses sont nécessaires pour garantir un équilibre entre dépenses courantes et investissements structurants ».
Malgré cette préoccupation, le Gouvernement prévoit de clôturer l’année avec un taux d’inflation de 7,8 %, soit le niveau le plus bas enregistré depuis quatre ans.
Une réunion stratégique
Autour de la Première ministre et du VPM de l’Économie, prenaient également part à cette réunion : le Vice-premier ministre en charge du Budget, le ministre des Finances, le ministre du Portefeuille ainsi que le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.




