La présidence de la République démocratique du Congo a franchi un seuil historique dans ses dépenses : 2.839,2 milliards de CDF, soit près de 996 millions de dollars américains, ont été engagés au 29 septembre 2025, selon le Plan d’engagement budgétaire (PEB) du 4ᵉ trimestre 2025 publié par le ministère du Budget.
Ce montant, colossal et inédit, frôle la barre symbolique d’un milliard de dollars, un plafond jamais atteint depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix Antoine Tshisekedi.
Un dépassement budgétaire massif et généralisé
Alors que les crédits annuels alloués à la présidence pour 2025 étaient fixés à 864,7 milliards de CDF, soit 416 millions USD, l’exécution dépasse déjà de plus du double les prévisions initiales.
Une analyse détaillée des lignes de dépenses révèle que toutes les rubriques du cabinet du Chef de l’État sont en dépassement budgétaire, sans exception.
Postes de dépenses les plus marquants :
- Dépenses du personnel : 493 milliards CDF
- Fonctionnement général de la présidence : (montant mentionné comme en dépassement mais non précisé dans la source)
- Autres rubriques stratégiques : toutes au-delà des enveloppes autorisées.
Autrement dit, aucun mécanisme de contrôle budgétaire n’a été en mesure de contenir l’explosion des dépenses au sein de l’institution présidentielle.
Un signal d’alerte budgétaire et politique
Ce niveau de dépenses soulève des interrogations majeures :
- Quelle est la nature exacte des engagements ayant généré une telle facture ?
- Comment expliquer un dépassement supérieur à 580 millions USD par rapport au budget voté ?
- Le Parlement a-t-il été saisi pour réajuster les crédits comme l’exige la loi sur les finances publiques ?
Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante, une pression sur les réserves de change et une difficulté à financer certains secteurs sociaux essentiels, cette situation risque d’alimenter un débat politique explosif.
Un précédent sans équivalent depuis 2019
Depuis l’investiture de Félix Tshisekedi, jamais le budget de la présidence n’avait atteint un tel niveau d’exécution. Les observateurs y voient :
- soit une hyper-centralisation des dépenses publiques,
- soit une hausse non maîtrisée des charges du cabinet,
- soit un manque de discipline budgétaire aggravé.
Quoi qu’il en soit, la publication du PEB du 4ᵉ trimestre 2025 place désormais la présidence au cœur des questionnements sur la gouvernance financière de l’État.




