La Haute Cour militaire a rendu ce jeudi après-midi son verdict très attendu dans le procès qui opposait le ministère public à François Beya, ancien conseiller spécial en matière de sécurité du président Félix Tshisekedi, surnommé Fantômas, et à ses coaccusés.
Des accusations lourdes mais contestées
Le ministère public poursuivait François Beya pour « complot contre la vie ou la personne du chef de l’État et outrage au président ». À l’audience du 18 juillet dernier, il avait requis une peine de 12 mois de prison, dont six mois avec sursis.
Une réquisition justifiée par des « circonstances atténuantes » liées à l’âge avancé et à l’état de santé fragile du prévenu, mais qui, de fait, correspondait presque à toute la durée de sa détention préventive.
La défense parle d’un « complot monté de toutes pièces »
Cette demande avait été vigoureusement rejetée par le collectif des avocats de la défense, dirigé par Me Jeannot Bukoko, qui plaidait l’acquittement pur et simple de son client.
Selon lui, le dossier était « vide » et ne démontrait aucun complot contre le président Tshisekedi. Au contraire, François Beya serait lui-même victime d’un vaste complot, « monté par certains services », a insisté la défense.
Une victoire judiciaire célébrée par la défense
À l’issue du verdict, Me Jeannot Bukoko n’a pas caché sa satisfaction. Contacté par Scoop RDC, il a félicité la Cour pour avoir « dit correctement le Droit » et dénoncé une affaire « inventée de toutes pièces par les détracteurs » de son client.
Se réjouissant de ce qu’il qualifie de victoire judiciaire éclatante, l’avocat est allé jusqu’à revendiquer avec humour le surnom d’« Acquitator ».
Trois ans d’une affaire sensible
Le procès François Beya avait débuté le 3 juin 2022 à la prison centrale de Makala, soit quatre mois après son arrestation par l’Agence nationale de renseignements (ANR). À l’époque, l’ANR était dirigée par Jean-Hervé Mbelu, présenté par la défense comme l’un des véritables instigateurs du complot, aux côtés de Bifort Biselele.
Avec l’acquittement de François Beya, c’est une page délicate qui se tourne dans l’histoire sécuritaire et politique de la RDC. Ce verdict met fin à plus de trois ans d’incertitude autour de celui que l’on surnomme Fantômas, figure influente et longtemps redoutée dans les arcanes du pouvoir congolais.




