Le gouvernement congolais a pris une mesure radicale pour encadrer le morcellement des terres en République démocratique du Congo (RDC). Désormais, il ne sera plus possible d’obtenir un certificat d’enregistrement ni de signer un contrat de location pour toute parcelle inférieure à 300 mètres carrés sur l’ensemble du territoire national.
Cette décision vise à freiner la fragmentation excessive des terrains urbains et périurbains, un phénomène qui engendre de nombreux problèmes d’urbanisme et de spéculation foncière.
Une mesure pour lutter contre le morcellement anarchique
Dans plusieurs grandes villes congolaises, notamment Kinshasa, Lubumbashi et Goma, la vente et la location de petites parcelles sont devenues monnaie courante, souvent au détriment des normes d’aménagement et de viabilisation des quartiers. Cette situation a entraîné une urbanisation désordonnée, avec des constructions précaires et un manque criant d’infrastructures de base.
Avec cette nouvelle réglementation, les autorités espèrent limiter cette prolifération incontrôlée et favoriser un développement urbain plus structuré.
Quelles conséquences pour les propriétaires et les locataires ?
L’interdiction de délivrer des certificats d’enregistrement pour les parcelles de moins de 300 m² signifie que les nouvelles transactions foncières devront se conformer à cette superficie minimale. En d’autres termes, tout morcellement en dessous de ce seuil ne pourra plus être officiellement reconnu par l’administration foncière.
Pour les locataires, cela implique qu’aucun contrat de location ne pourra être légalement établi pour un terrain ou une propriété située sur une parcelle inférieure à 300 m². Cette mesure pourrait donc impacter le marché immobilier, en particulier dans les zones où les petites surfaces sont très prisées.
Un impact sur le marché foncier congolais
Si cette décision pourrait freiner la spéculation immobilière et favoriser un aménagement plus organisé des villes, elle risque également d’avoir des répercussions sur l’accès au logement. De nombreuses familles, notamment celles aux revenus modestes, se tournent vers ces petites parcelles en raison de leur coût plus abordable.
Certains experts en urbanisme estiment que cette mesure doit être accompagnée d’un plan de relogement et d’un renforcement des politiques d’habitat social pour éviter une crise du logement.
Vers une réorganisation du secteur foncier
Le gouvernement congolais justifie cette réforme par la nécessité de mieux gérer le territoire et de garantir une occupation rationnelle des terres. Cette réglementation s’inscrit dans un cadre plus large de réformes foncières visant à moderniser la gestion du domaine foncier en RDC.
Toutefois, la mise en œuvre de cette mesure devra être accompagnée d’un suivi rigoureux pour éviter toute dérive ou contournement. Reste à savoir comment les autorités locales et les services fonciers appliqueront concrètement cette interdiction sur le terrain.
Une décision qui fait débat
Si certains acteurs saluent une décision qui pourrait assainir le secteur foncier, d’autres s’inquiètent des conséquences économiques et sociales pour les petits propriétaires et locataires. Le débat est donc ouvert sur l’efficacité et l’impact réel de cette nouvelle règle sur le quotidien des Congolais.



