Amnesty International, dans son rapport accablant publié mercredi dernier, a accusé les hauts responsables des forces armées de la RDC d’avoir commis de « possibles crimes contre l’humanité » en ouvrant le feu sur des manifestants à Goma le 30 août 2023. Ce carnage, qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, suscite aujourd’hui une vague d’indignation.
Parmi les voix les plus critiques, Bruno Mwitowere, président du parti Leadership pour la Bonne Gouvernance (LGD), a déploré l’inaction des autorités congolaises face à ces atrocités. Pour ce leader de l’opposition, il est inadmissible qu’il faille attendre un rapport d’une ONG internationale pour interpeller les auteurs des crimes commis contre la population du Nord-Kivu.
Une répression sanglante contre des civils
Lors des événements du 30 août, des habitants de Goma, dont de nombreux membres du mouvement mystico-religieux Foi Naturelle Judaïque et Messianique vers les Nations (FNJMN), manifestaient contre la présence de la MONUSCO. Leur leader, Ephraïm Bisimwa, avait appelé à cette mobilisation pacifique. Mais la réponse des forces armées congolaises a été d’une brutalité inouïe : des tirs à balles réelles ont fauché des dizaines de vies, transformant une manifestation en carnage.
Selon Amnesty International, ces actes pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité. À ce jour, Bisimwa et une cinquantaine de ses fidèles sont toujours détenus à la prison centrale de Goma, Munzenze, tandis que les responsables présumés des massacres jouissent d’une impunité apparente.
Bruno Mwitowere exige justice
Dans une déclaration ferme, Bruno Mwitowere a condamné cette répression sanglante :
« Ce n’est pas le rôle d’Amnesty International d’interpeller les auteurs de ce carnage. Il y a eu des Congolais tués parce qu’ils voulaient faire parvenir leur voix à l’autorité. En réponse, l’autorité congolaise a choisi de les réduire au silence avec des balles. »
Il a également pointé du doigt l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Constant Ndima, sous le mandat duquel ces événements tragiques ont eu lieu. Pour lui, les responsables, qu’ils soient exécutants ou donneurs d’ordres, doivent être traduits en justice :
« Nous encourageons cet appel d’Amnesty International pour que justice soit rendue aux victimes et que le peuple de Goma obtienne réparation. Les innocents injustement condamnés doivent retrouver une justice équitable. »
Appel à l’action
Ce rapport relance le débat sur la gestion sécuritaire et judiciaire des manifestations en RDC, en particulier dans des zones de conflit comme le Nord-Kivu. Pour l’heure, aucune enquête indépendante n’a été menée, et les familles des victimes continuent de réclamer des réponses.
Alors que le rapport d’Amnesty International vient secouer l’opinion publique, la pression monte sur les autorités congolaises pour qu’elles prennent des mesures concrètes afin de punir les responsables et prévenir de tels drames à l’avenir.


