La sortie est cinglante. Dans une déclaration qui ne passe pas inaperçue, Mills Tshibangu, figure de la société civile et commentateur politique très suivi, a sévèrement recadré l’évêque Pascal Mukuna ainsi que plusieurs pasteurs affichant leur soutien à une modification de la Constitution. Pour lui, ces responsables religieux se fourvoient gravement et ne maîtrisent pas la portée des textes fondamentaux.
« Ces soi-disant pasteurs ne comprennent absolument rien aux enjeux des textes constitutionnels, a-t-il lancé. Même si on leur explique en Tshiluba, ils ne comprendront pas ! » La phrase, acerbe, a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux, ajoutant une nouvelle pierre au débat déjà électrique autour de la révision constitutionnelle.
M. Tshibangu ne s’est pas arrêté là. Sur un ton ironique, il a conseillé à ces ecclésiastiques d’aller « prendre des cours chez les prêtres catholiques », qu’il juge bien mieux outillés intellectuellement pour traiter de sujets aussi complexes. Une manière de souligner que la Constitution est, selon ses termes, « une affaire hautement scientifique », qui ne saurait être confiée à des intervenants insuffisamment préparés.
Au-delà de la querelle religieuse, Mills Tshibangu adresse un message clair au pouvoir Tshisekediste. Il fustige ce qu’il appelle les « mauvais castings », ces porte-voix qui, d’après lui, nuisent directement à l’image du Chef de l’État en défendant maladroitement la révision constitutionnelle. « Ce sont ces interventions brouillonnes et sans fondement qui desservent le Président et transforment un débat d’intérêt national en un spectacle de la honte », a-t-il déclaré, appelant à cesser d’urgence cette séquence.
La polémique intervient alors que le camp présidentiel multiplie les prises de position en faveur d’une nouvelle Constitution, suscitant l’opposition frontale d’une partie de la classe politique et de la société civile. Dans ce contexte tendu, la charge de Mills Tshibangu risque d’accentuer les divisions, en pointant du doigt le clergé protestant engagé aux côtés du pouvoir, et en remettant en cause la crédibilité intellectuelle de ces soutiens.
Si l’évêque Pascal Mukuna et les pasteurs visés n’ont pas encore réagi, le pavé jeté dans la mare par l’influent chroniqueur ne devrait pas rester sans réponse. Une chose est sûre : le débat constitutionnel congolais est plus que jamais inflammable, et chaque nouvelle sortie attise un peu plus les passions.



