Kisangani sous tension : flambée du prix du carburant, les motards paralysent la ville
Kisangani, 1er juin 2026 — La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, est plongée depuis ce lundi 1er juin dans une vive tension consécutive à la flambée vertigineuse du prix du carburant à la pompe ainsi que chez les revendeurs informels. Dans la soirée du dimanche 31 mai, le litre d’essence a atteint le seuil inédit de 12 000 francs congolais, suscitant l’indignation des consommateurs, particulièrement celle des conducteurs de taxis motos.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères de la ville ont été barricadées par des manifestants, en majorité des conducteurs de taxis motos communément appelés « wewa ». Ces derniers dénoncent avec véhémence la montée en flèche du prix du carburant ainsi que la fermeture inexpliquée de plusieurs stations-services. Selon les témoignages recueillis sur place, certains taximen affirment avoir acheté le litre à 9 000 FC ce lundi matin, tandis que d’autres ont déboursé jusqu’à 12 000 FC la veille auprès des revendeurs de rue. Face à cette situation jugée insoutenable, les motards se montrent catégoriques : aucun transport à moto ne sera assuré durant toute la journée, en signe de protestation.
Pendant ce temps, plusieurs camions-citernes appartenant à des pétroliers opérant dans l’Est du pays sont immobilisés à l’entrée de Kisangani, au point kilométrique 23 (PK 23). Les motifs exacts de ce blocage, qui aggrave considérablement la pénurie en cours, demeurent inconnus, contribuant à raréfier davantage le produit dans la ville.
Dans une tentative de désamorcer la crise, une réunion de concertation entre les pétroliers et les autorités provinciales s’est tenue dans la journée du dimanche 31 mai. Le gouverneur de la Tshopo prévoit par ailleurs d’effectuer une descente dans les différentes stations-services afin de réglementer la situation et de prendre des mesures en faveur de la population.
Il convient de rappeler que Kisangani avait déjà été secouée par une crise similaire au mois d’avril dernier, lorsque le prix du litre était passé de 3 700 FC à 5 500 FC. La récidive du phénomène, avec une amplitude bien plus importante cette fois-ci, témoigne de la fragilité de la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers dans cette partie du pays et interpelle les autorités sur la nécessité d’apporter des solutions durables à cette problématique récurrente.




