Il a choisi ses mots avec soin, mais la fermeté du message ne laisse place à aucune interprétation. Germain Kambinga s’oppose catégoriquement à toute tentative de révision de la Constitution de la République démocratique du Congo qui se ferait en marge du peuple. Pour lui, la souveraineté populaire n’est pas négociable.
« On ne peut pas confisquer la voix du peuple »
C’est par cette formule percutante que l’homme politique a ouvert le feu dans un débat qui agite depuis plusieurs mois la classe politique congolaise. Derrière cette phrase, une conviction profonde : aucune réforme constitutionnelle ne saurait être légitime si elle n’est pas portée, validée et approuvée directement par les Congolais.
Pour Germain Kambinga, les discussions en cours ne doivent en aucun cas se régler dans les couloirs du pouvoir, loin des regards et des voix citoyennes. « Le débat ne doit pas être tranché en coulisses », insiste-t-il, réclamant haut et fort l’organisation d’un référendum populaire comme condition sine qua non à toute modification du texte fondamental.
Un principe démocratique, pas une option
La démarche de Germain Kambinga ne relève pas d’un simple positionnement tactique. Elle traduit une vision claire du fonctionnement de la démocratie. À ses yeux, la Constitution n’appartient ni aux partis politiques, ni aux institutions, ni aux cercles d’influence — elle appartient au peuple.
« Toute modification de la loi fondamentale sans un « oui » ou un « non » du peuple constituerait une atteinte directe à la démocratie », a-t-il martelé avec conviction. Une mise en garde directe adressée à tous ceux qui seraient tentés de court-circuiter la consultation citoyenne pour imposer des changements institutionnels.
Un contexte politique sous haute tension
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible. En RDC, la question d’une éventuelle révision constitutionnelle fait l’objet d’un bras de fer croissant entre plusieurs factions politiques. D’un côté, des partisans d’une réforme qu’ils présentent comme une nécessité pour moderniser les institutions. De l’autre, des défenseurs farouches de l’intangibilité du texte actuel, rejoints par de nombreuses organisations de la société civile.
C’est dans cette atmosphère électrique que la voix de Germain Kambinga vient peser de tout son poids, en rappelant un principe fondamental souvent mis à l’épreuve sur le continent : la légitimité d’une loi fondamentale puise sa force dans l’adhésion libre et directe du peuple.
Le peuple, premier et dernier mot
En réclamant un référendum, Germain Kambinga ne défend pas seulement une procédure. Il défend une philosophie politique : celle qui place le citoyen ordinaire au sommet de la hiérarchie décisionnelle, au-dessus des ambitions partisanes et des calculs électoraux.
Son message, aussi court que limpide, résonne comme un rappel à l’ordre démocratique dans un pays où l’histoire institutionnelle a souvent été marquée par des décisions imposées d’en haut. En RDC, le débat sur la Constitution est loin d’être clos. Mais pour Germain Kambinga, une chose est certaine : le dernier mot appartient au peuple, et à lui seul.
La rédaction




