DOHA, QATAR, Lors du deuxième sommet mondial pour le développement social qui s’est ouvert ce mardi à Doha, au Qatar, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a délivré un message fort à la communauté internationale, plaçant la « justice climatique » au cœur de l’atteinte d’une justice sociale durable. Devant un parterre de chefs d’État et d’organisations internationales engagées, il a insisté sur le devoir des Nations Unies de garantir cette équité environnementale.
Le Chef de l’État congolais a souligné avec gravité que les défis posés par le changement climatique et l’atténuation de ses effets freinent considérablement la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD). « Nous le disons clairement : sans justice climatique, il n’y aura pas de justice sociale durable », a-t-il déclaré, marquant ainsi une corrélation directe entre la protection de l’environnement et le bien-être des populations.
Poursuivant son plaidoyer, Félix Tshisekedi a réclamé une « transformation profonde du financement international ». Il a exhorté à rendre « l’accès aux ressources vertes plus prévisible, plus rapide et plus juste ». La RDC, a-t-il affirmé, demeure respectueuse de ses engagements climatiques et plaide activement pour un financement équilibré, couvrant à la fois l’atténuation des émissions et l’adaptation aux effets déjà ressentis du changement climatique.
Le Président a également réfuté l’idée de « conditionnalités qui punissent les pays vulnérables pour des désastres auxquels ils n’ont pas contribué ». Il a plaidé pour un « rééquilibrage réel » entre le financement de l’atténuation et celui de l’adaptation, arguant que « la protection des populations qui subissent déjà les chocs climatiques est aussi urgente que la réduction des émissions globales. »
Dans la foulée, Félix Tshisekedi a attiré l’attention des participants sur leur « responsabilité historique commune d’agir rapidement » face aux multiples transitions qui bouleversent la planète : démographiques, environnementales, numériques et économiques. « Si nous échouons à les gouverner de manière juste, elles deviendront des facteurs d’exclusion supplémentaires. Si nous les maîtrisons collectivement, elles peuvent devenir des accélérateurs d’équité », a-t-il mis en garde.
Illustrant ses propos par la réalité vécue, le Chef de l’État a rappelé que « le changement climatique n’est pas un débat académique. Il est une réalité vécue », évoquant les « inondations meurtrières, les érosions qui engloutissent des quartiers entiers, les sécheresses qui détruisent les récoltes et plongent des familles entières dans l’insécurité alimentaire » qui frappent durement son pays.
Par ailleurs, Félix Tshisekedi a mis en lumière le bassin du Congo, le présentant comme « à la fois le rempart écologique pour l’humanité et un levier stratégique de développement » pour la RDC.
Cette intervention à Doha marque la deuxième grande rencontre d’échanges à laquelle le Président Félix Tshisekedi a pris part, faisant suite notamment à la conférence humanitaire de Paris pour la région des Grands Lacs, soulignant l’engagement croissant de la RDC sur la scène internationale pour des questions de développement et de justice.




