Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a été pointé du doigt par la Southern African Development Community (SADC) en raison des retards accumulés dans le paiement de la contribution congolaise à la SAMIDRC, la force régionale déployée dans l’Est du pays contre la rébellion du M23.
Grand absent du 45e sommet de la SADC tenu le 17 août à Antananarivo, le chef de l’État congolais avait annulé sa participation de dernière minute, officiellement pour des « raisons d’agenda ». Il s’est fait représenter par son vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita. Mais selon plusieurs sources, cette absence serait liée à la menace de voir Kinshasa privé de parole, faute d’avoir honoré l’intégralité de sa contribution financière à l’organisation.
La RDC s’était engagée à financer à hauteur de 200 millions de dollars le déploiement de la SAMIDRC. Or, près de 48 millions de dollars restent encore impayés, ce qui a poussé la SADC à rappeler que ses textes internes privent tout État membre en défaut de paiement de droit de parole et d’accès aux documents de travail.
Des tensions au sein de l’organisation
À la demande de la ministre malgache des Affaires étrangères, Rafaravavitafika Rasata, la délégation congolaise avait pourtant présenté un plan d’apurement des arriérés avant le sommet des chefs d’État. Mais cette initiative n’a pas suffi à convaincre les membres de la SADC, qui ont maintenu la sanction contre Kinshasa.
Si les pays de la région ont réaffirmé leur « soutien indéfectible » à la paix dans l’Est de la RDC, ce discours cache néanmoins un fort ressentiment vis-à-vis du pouvoir congolais. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa reproche à Kinshasa de ne pas avoir informé Pretoria de son rapprochement avec l’administration américaine de Donald Trump sur le dossier sécuritaire, malgré les pertes subies par l’armée sud-africaine lors de l’offensive du M23 début 2025.
De son côté, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a eu un échange téléphonique tendu avec Félix Tshisekedi, au cours duquel il lui a reproché sa gestion jugée unilatérale du conflit.
Kinshasa tente de ménager ses alliés
Face au risque de s’aliéner certains partenaires, le pouvoir congolais cherche à renforcer ses liens avec l’Angola. Le président João Lourenço, très impliqué comme médiateur dans la crise congolaise et au sein de l’Union africaine, s’inquiète cependant de voir son rôle marginalisé au profit des États-Unis et du Qatar, devenus des acteurs influents dans la recherche de solutions pour l’Est de la RDC.
Alors que la SAMIDRC a quitté le territoire congolais en avril 2025 après avoir échoué à neutraliser totalement le M23, cette controverse financière fragilise davantage la position régionale de la RDC et met en lumière les difficultés de Kinshasa à honorer ses engagements internationaux.




