Le Front Anti-Dialogue (FAD) a vivement réagi, ce lundi, à la suite de la rencontre des Pères spirituels et responsables des confessions religieuses qui ont plaidé pour l’ouverture d’un dialogue national. Dans une déclaration signée par son porte-parole, Héritier Ekoto Isasi, le mouvement a rejeté en bloc cette initiative, qu’il qualifie de “trahison morale” et “d’insulte à nos morts”.
“Une insulte à nos morts”
S’il reconnaît la liberté d’expression des chefs religieux, le FAD estime que leur proposition arrive dans un contexte où la République démocratique du Congo fait face à une guerre d’agression “depuis plus de trente ans”. Le mouvement rappelle un lourd bilan : “plus de 15 millions de morts, des millions de déplacés et le pillage quotidien des ressources naturelles”. Pour lui, prôner un dialogue équivaut à donner l’image d’“un peuple résigné, prêt à capituler”.
Une feuille de route jugée inacceptable
Le FAD conteste point par point la feuille de route présentée par les chefs religieux. Selon le mouvement, appeler à “créer les conditions d’un dialogue inclusif” revient à mettre sur le même pied les institutions élues démocratiquement et “des rebelles qui ont pris les armes”, en violation de l’article 64 de la Constitution.
Il rejette également l’idée d’un “dialogue des experts”, considérant que ces derniers “n’ont ni mandat populaire ni légitimité”. Quant au “dialogue politique”, le mouvement le qualifie de “ligne rouge franchie”, estimant qu’il légitime l’opposition armée et contourne la souveraineté populaire.
“L’agression est extérieure”
Le FAD affirme que la crise sécuritaire en RDC n’est pas due à un manque d’unité interne, mais à une “agression extérieure planifiée”. Il interpelle les promoteurs du dialogue avec trois questions :
- “Le régime de Kigali bombarde-t-il le sol congolais parce que les Congolais manqueraient de cohésion nationale ?”
- “Le Rwanda arme-t-il le M23 sous prétexte que les Congolais ne s’entendent pas entre eux ?”
- “Le pillage des ressources naturelles du Kivu est-il la conséquence d’un déficit d’unité interne ?”
Appel au Président et au peuple
En conclusion, le FAD exhorte le président Félix Tshisekedi à rejeter catégoriquement la feuille de route et à “défendre l’ordre constitutionnel”. Le mouvement appelle également le peuple congolais, au-delà des clivages politiques, à “défendre la Patrie” conformément à l’article 63 de la Constitution.
Enfin, il demande aux Pères spirituels de se concentrer sur leur mission première : “prier pour la paix et exhorter à l’amour du pays”, plutôt que de promouvoir un compromis avec ceux qu’il qualifie d’“ennemis de la Nation”.




