Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni et chef d’état-major des forces de défense du peuple ougandais (UPDF), a annoncé son installation imminente à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo.
L’annonce a été faite ce dimanche 3 août via son compte Twitter (X), dans un message laconique mais lourd de portée :
« Je serai bientôt basé à Bunia, dans l’est de la République Démocratique du Congo pour superviser les opérations sur place. »
Le général ougandais justifie cette décision par la nécessité de coordonner de près les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF dans le cadre de l’opération Shujaa, lancée pour traquer et neutraliser les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), responsables de nombreuses atrocités dans la région.
Silence du côté congolais
Jusqu’à ce jour, aucune réaction officielle des autorités congolaises n’a été enregistrée pour confirmer ou infirmer l’arrivée et l’installation de ce haut responsable militaire étranger dans une zone aussi sensible. Ce silence soulève de nombreuses questions, d’autant plus que la souveraineté nationale est en jeu, selon certains analystes.
Contexte tendu et coopération renforcée
Ce n’est pas la première fois que Muhoozi Kainerugaba foule le sol congolais. En juin dernier, il s’était rendu à Kinshasa où un nouveau protocole d’accord avait été signé avec son homologue congolais pour renforcer la coordination des opérations militaires dans l’est du pays. Cette coopération vise notamment à mettre fin aux exactions des ADF qui continuent de semer terreur et désolation dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Cependant, l’installation permanente d’un chef d’état-major étranger en RDC, sans communication publique préalable de la part du gouvernement congolais, risque de raviver les débats sur l’ingérence étrangère et la gestion sécuritaire dans l’est du pays, théâtre de plusieurs conflits armés depuis plus de deux décennies.




