Les relations entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda continuent de se détériorer, alors que Kinshasa applaudit la récente vague de sanctions imposées à Kigali par plusieurs puissances occidentales. L’Union Européenne, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Canada ont tous adopté des mesures restrictives à l’encontre du gouvernement rwandais, accusé de soutenir les groupes armés qui déstabilisent l’Est congolais.
Kinshasa pointe la responsabilité du Rwanda
Dans une déclaration officielle, le porte-parole du gouvernement congolais a affirmé que ces sanctions renforcent la conviction de la communauté internationale quant à « la responsabilité directe du gouvernement rwandais dans la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays ».
Le ministère de la Communication et des Médias congolais est allé plus loin, dénonçant des violations graves du droit international commises par les forces rwandaises. « En effet, les troupes rwandaises ont délibérément violé l’intégrité territoriale de la RDC et sa souveraineté. Elles sont responsables de la mort de plus de 8.500 civils et d’autres crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, notamment les attaques sur les hôpitaux, le kidnapping des enfants, l’exécution sommaire et les violences sexuelles », a-t-il martelé.
Des sanctions économiques qui frappent Kigali
Au-delà des condamnations politiques, Kinshasa se félicite des sanctions économiques imposées par l’Union Européenne, qui visent des secteurs clés du Rwanda. Parmi les entités visées figurent l’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz, ainsi que la raffinerie d’or de Gasabo.
Selon le gouvernement congolais, ces mesures marquent un tournant décisif dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises. « Ces sanctions constituent la première étape dans la lutte contre le pillage des richesses minières de la RDC par le Rwanda », souligne la déclaration officielle.
Vers une montée des tensions ?
Alors que la communauté internationale durcit le ton face à Kigali, la réponse du Rwanda reste attendue. Ce bras de fer diplomatique pourrait encore exacerber les tensions dans la région des Grands Lacs, où la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire.
Les nouvelles sanctions marquent-elles un tournant dans le conflit entre Kinshasa et Kigali ? La RDC espère qu’elles freineront le soutien présumé du Rwanda aux groupes armés opérant sur son territoire. Mais une désescalade réelle ne pourra intervenir qu’avec un dialogue sincère et des engagements concrets de part et d’autre.