Les tensions entre la Belgique et le Rwanda connaissent un nouvel épisode alors qu’aucune rencontre officielle n’a eu lieu entre les deux pays lors du passage du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, à Bruxelles cette semaine. Un choix assumé par Kigali, qui rejette la responsabilité de cette crise sur la Belgique.
Un rendez-vous manqué à Bruxelles
Invité par les institutions européennes, Olivier Nduhungirehe n’a pas jugé nécessaire de rencontrer son homologue belge, Maxime Prévot. « Si la relation entre nos deux pays n’est pas au beau fixe, c’est dû au seul fait de la Belgique », a déclaré le chef de la diplomatie rwandaise.
Maxime Prévot, de son côté, affirme avoir proposé une rencontre de dernière minute avec son homologue rwandais. Une invitation restée lettre morte. « Je regrette que cette opportunité de dialogue n’ait pas été saisie par mon collègue qui m’a fait savoir que son agenda ne le permettait pas. Ma porte restera toujours ouverte », a-t-il déclaré.
Une crise qui dure depuis plusieurs années
Les tensions entre Bruxelles et Kigali ne datent pas d’hier. Elles ont été ravivées il y a deux ans lorsque la Belgique a refusé d’accréditer Vincent Karega, l’ambassadeur désigné par le Rwanda. Ce diplomate était soupçonné d’avoir eu un rôle controversé lors de ses précédentes missions en Afrique du Sud et en République démocratique du Congo (RDC).
En réponse, Kigali a appliqué une stricte réciprocité en ne répondant pas à la demande d’accréditation du nouvel ambassadeur belge. « En langage diplomatique, ça s’appelle de la réciprocité », a ironisé Olivier Nduhungirehe.
Une rupture sur fond de guerre en RDC
Au-delà des questions diplomatiques, cette détérioration des relations entre la Belgique et le Rwanda s’inscrit dans un contexte plus large : la guerre à l’Est de la RDC. Bruxelles s’est alignée sur la position de l’Union européenne, qui accuse Kigali de soutenir le groupe rebelle du M23. Une posture qui irrite le gouvernement rwandais, lequel rejette ces accusations et dénonce une lecture biaisée du conflit.
Alors que le torchon brûle entre les deux pays, la Belgique et le Rwanda semblent s’enfoncer dans un dialogue de sourds. Reste à savoir si l’un des deux protagonistes fera un pas vers l’autre ou si cette guerre froide diplomatique continuera d’alimenter les tensions en Afrique centrale.